Business plan : une étape obligatoire ?

Clé du succès, prérequis incontournable, élément central, tant de qualificatifs qui se rapportent au Business Plan, le Sésame de tout entrepreneur !

Les banques ne jurent que par lui, les écoles de commerce en font un module de vingt heures, la toile s’en est emparée pour proposer des outils le rendant plus complet/lisible/structuré/simple et j’en passe. Mais quelle est la valeur du BP aujourd’hui et surtout, y existe-t-il des alternatives ?

bench-1289527_960_720

Le Business Plan, une utilité indéniable

Le BP est LE document qui permet de comprendre l’entreprise. Son but, son objet, ses objectifs mais aussi son histoire, son fonctionnement et ses composantes. S’il est plus que recommandé d’en faire un lorsqu’on cherche à lever des fonds, il n’est pas moins utile de se pencher dessus dans d’autres circonstances. En effet, le BP est avant tout un outil de gestion destiné à l’entrepreneur lui-même ! Il permet de mettre en place les idées, le cadre, de se rendre compte des difficultés à envisager dans le futur mais également de vérifier que l’idée qu’il se fait du projet est réaliste. Lorsque l’aventure commence à plusieurs, ce document de vingt à trente pages assure aux différents associés qu’ils sont sur la même longueur d’ondes. Ainsi, rédiger un BP ne doit pas uniquement être envisagé lors d’une présentation aux investisseurs.

Une multitude de possibilités pour optimiser son Business Plan

Comme indiqué en introduction, Internet s’est emparé de la problématique du BP, et pas seulement en proposant des templates. Mapping, calendar, lists sont les mots-clés que l’on retrouve le plus souvent lorsqu’on cherche une façon innovante de créer son BP. Une fois de plus, l’originalité et l’innovation sont recherchées pour « marquer » les investisseurs, pour leur présenter quelque chose de nouveau qui attirera leur curiosité. La tendance depuis plusieurs années ? Le Business Model Canvas. Créé par Alexander Osterwalder, le Canvas est un outil permettant de présenter sur une page unique les neuf éléments qui décrivent le projet, à commencer par la proposition de valeur :

Ainsi, que vous souhaitiez que votre BP soit court, détaillé, interactif, structuré, agencé ou visuel, vous trouverez certainement un outil qui répondra à vos attentes. Mais je tiens également à vous présenter trois alternatives au BP classique.

L’effectuation, agir plutôt que prévoir

direction-1014005_960_720L’effectuation est une théorie mise en lumière par Saras Sarasvathy, une chercheuse américaine, il y a une quinzaine d’année. Elle a alors opposé la logique « causale » à la logique « effectuale ». L’idée semble plutôt simple : il ne s’agit plus de trouver les ressources nécessaires à la réalisation d’un objectif, mais de définir un but en fonction des moyens dont on dispose. On s’intéresse ainsi aux effets que l’on peut produire, d’où le nom d’effectuation. Mais en pratique, ça donne quoi ?

Concrètement, l’effectuation est composé de cinq principes :

  • « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » : c’est le principe majeur de l’effectuation, l’entrepreneur utilise sa personnalité, ses connaissances et ses relations pour définir un objectif à atteindre
  • « Le raisonnement en perte acceptable » : il s’agit ici d’évaluer le risque que l’on prend. Combien de temps et d’argent suis-je prêt à perdre ? Quelles sont les limites que je me fixe ?
  • « Le patchwork fou » : le projet dépend des parties prenantes et de ce qu’elles vont également apporter, on ne peut pas prévoir à l’avance comment sera exactement constitué le projet
  • « La limonade » : Si on vous donne des citrons, vendez de la limonade. Cette métaphore illustre le fait qu’il faut toujours tirer partie des propositions inattendues qui se présentent
  • « Le pilote dans l’avion » : Last but not least, il faut privilégier l’action à l’analyse. Ainsi, il n’est pas nécessaire de prévoir l’avenir si on se donne les moyens de le contrôler.

Pour plus d’informations, je vous renvoie au livre Effectuation, les principes de l’entrepreneuriat pour tous, par Philippe Silberzahn, professeur d’entrepreneuriat.

L’approche Synopp, apprendre de ses erreurs

Créée par Claude Ananou, Louis-Jacques Fillon et Christophe Scmitt, l’approche Synopp a pour vocation de remplacer le BP. La grande différence avec le BP traditionnel est que cette approche est itérative, on peut la modifier au fil du temps, se tromper, la corriger etc. Elle repose sur le principe que chacun a le potentiel pour devenir entrepreneur mais qu’il faut apprendre le métier. Ainsi, entrepreneur est un métier comme les autres : c’est en acquérant de l’expérience que l’on s’améliore.

question-mark-1026527_960_720Il y a sept étapes à suivre qui se traduisent par des questions auxquelles il faut répondre : « A quel besoin répond mon projet ? Quels sont les avantages de mon idée ? Quels sont les risques ? Par où commencer ? » en sont quelques unes.

ejessblog.wordpress.com

Enfin, et c’est notamment ce que je trouve intéressant et qui rend cette approche complète, l’entrepreneur doit, dès le premier jour, tenir un journal de bord. Doivent y figurer les réussites, les échecs, les idées et décisions prises. Outre le fait que cela permet de suivre l’évolution et de tirer partie des expériences jusqu’à présent réalisées, ce journal a également pour vocation d’être présenté à des investisseurs afin qu’ils puissent apprécier l’ampleur du parcours réalisé. Il ne s’agit donc plus de prévisions, mais de résultats concrets.

Si cette approche vous intéresse, les créateurs ont publié un livre intitulé Réussir sa création d’entreprise. Sans business plan.

IpOp Model, suivez le guide

Créé par le Docteur Raphaël Cohen, le modèle IpOp (Innovation par les Opportunités) a pour but de « guider les porteurs de projets à travers un questionnement pragmatique qui réduit les risques d’échec pour aboutir à un plan d’action réaliste, susceptible de convaincre les partenaires »*. Sa première particularité est qu’il peut être utilisé aussi bien par les entrepreneurs que par les intrapreneurs. Il n’est donc pas uniquement centré sur la création d’entreprise.

Le principe est en premier lieu d’identifier les opportunités puis de jauger si elles peuvent ou non être transformées en un réel plan. Le cas échéant, IpOp donne alors les clés pour bâtir un solide plan d’action. Le modèle IpOp encourage ainsi l’innovation et la prise d’initiative.

Pour étudier ce modèle dans le détail, je vous renvoie au site du Dr Cohen sur lequel son ouvrage est disponible gratuitement.

Le Business Plan, ça dépend de vous !

wall-813459_960_720

Il n’est pas possible de se passer de BP. Cependant, il n’existe pas UN modèle de présentation de votre projet. Il peut en exister autant qu’il y a de façon de penser et concevoir une idée. Ainsi, si le modèle classique qui vous est proposé ne vous convient pas, pourquoi ne pas expérimenter autre chose ? A l’inverse, si vous êtes habitués à travailler avec ce type de document, vous avez tout intérêt à le peaufiner et à lui donner un caractère propre, qui reflétera au mieux votre personnalité !

L’important, c’est de prendre le temps de réaliser un dossier cohérent et regroupant les informations qui sont importantes pour vous – ou pour les investisseurs le cas échéant.


Sources :

Effectuation : Le site de Philippe Silberzahn et Les Echos

Synopp : MyBusinessPlan et Investir99

IpOp : *Interview du Pr Cohen sur Jolpress

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s